Vendredi 28 juin

Politique

Le PSB ne s’intéresse plus à l’état des routes, constate l’Agence de l’infrastructure routière

Après le terrible accident routier de Svogué en août 2018, dans lequel ont péri une vingtaine de personnes et qui a entraîné trois démissions ministérielles, le PSB avait fait de la sécurité routière un cheval de bataille. Des députés du parti, avec Elena Yontcheva en tête (aujourd’hui, eurodéputée), ont demandé un audit du revêtement de quelques grandes routes, devant être réaliser par un laboratoire européen agréé, et un accès aux dossiers concernant la construction et l’entretien technique des routes. L’Agence de l’infrastructure routière ayant donné son aval, les documents pouvaient être consultés du 30 mai au 27 juin dernier, au siège de cette autorité. Dans un communiqué de presse publié hier, celle-ci constate cependant que personne du parti socialiste n’a témoigné de l’intérêt envers les documents mis à disposition au titre de la loi d’accès à l’information. L’intérêt des socialistes pour un audit, à leurs frais, du revêtement des chaussées semble également tari, ajoute Dnevnik. (dnevnik.bg)

Financement des partis politiques

Dans une interview accordée à Ikonomist, le politologue Daniel Smilov analyse les spécificités de certains modèles étrangers de financement des partis politiques et leur pertinence pour le contexte bulgare. Selon lui, ces modèles sont à étudier dans leur globalité et ne peuvent pas être appliqués de manière parcellaire. Ainsi, le modèle américain implique une très grande transparence, et une régulation rigoureuse, le modèle allemand est très complexe et vise à éviter que les partis soient démotivés à chercher des petits donateurs. Les partis au Royaume-Uni se financent exclusivement par des dons de la part de personnes morales, mais ont un accès gratuit aux médias publics pendant les campagnes électorales. Ainsi, dans le contexte bulgare, une diminution brutale de la subvention pénaliserait les partis politiques si les autres paramètres restent inchangés. Enfin, il accuse les partis politiques d’agir de manière irréfléchie et de manquer d’arguments pour étayer leurs positions. (Ikonomist)

Dans Capital, Vania Noucheva, politologue et directeur de programme à l’Association Transparence sans frontière, considère que le débat relatif au modèle de financement des partis devrait se concentrer sur la conformité du modèle bulgare de financement aux normes internationales, qui définissent trois principaux objectifs, notamment : i) permettre aux partis d’entretenir leurs structures, ii) les aider à financer leurs campagnes électorales et (iii) à prévenir les dépendances des cercles économiques. Selon Mme Noucheva, un montant trop élevé de la subvention démotive les partis à chercher d’autres sources légitimes de financement et crée des inégalités. Ainsi, pour y remédier dans certains pays, comme la Pologne, il existe une échelle dégressive de financement, qui prévoit que les partis ayant remporté 5% des suffrages perçoivent 2,7 euros par suffrage, alors que ceux qui ont obtenu un score de 30% ne toucheront que 0,4 euro par suffrage. La Bulgarie pourrait s’inspirer de ces différents modèles, mais la réforme la plus urgente consiste à établir des règles relatives à la recevabilité des dépenses. (tous media)

Justice

Le Conseil de l’Europe persiste et signe : la Bulgarie doit garantir l’indépendance des enquêtes à l’encontre d’un procureur général

Un communiqué, publié sur le site du Conseil de l’Europe, en conclusion de la table ronde, organisée à Sofia les 20 et 21 juin avec la participation d’experts du Service de l’exécution des arrêts de la CEDH, met les points sur les « i » dans la polémique, en Bulgarie, sur le projet de loi du ministre de la justice, M. Kirilov, visant la création d’une commission spéciale, compétente pour mener des enquêtes contre le procureur général et les présidents des deux cours suprêmes. En soulignant que le problème réside dans la nécessité de garantir l’indépendance des enquêtes concernant le procureur général, quel qu’il soit, le communiqué réaffirme que la Bulgarie doit assurer une « indépendance hiérarchique, institutionnelle et pratique, à tous les stades [de la procédure] et dans toutes les situations. » En outre, les représentants du Conseil de l’Europe, présents à la table ronde, ont constaté que le projet de loi du ministre de la justice « ne remédie pas aux risques, s’agissant de l’indépendance et de l’effectivité d’une enquête à l’encontre d’un procureur général ». Ils ont aussi suggéré qu’une réforme de la Constitution bulgare pourrait également « constituer une mesure d’exécution adéquate ». (https://www.coe.int/fr/web/execution/-/bulgaria-round-table-on-effective-investigations-into-killings-and-ill-treatment, tous media)

Société

Plus de 20% des jeunes Bulgares sont sans travail, et ne font pas d’études

20,9% des jeunes Bulgares âgés de 20 à 34 ans sont sans travail, ne font pas d’études ou ne suivent pas de formation, selon les données d’Eurostat pour l’année 2018. Parmi les États membres de l’Union européenne, la Bulgarie se place en queue de classement, juste devant l’Italie et la Grèce. L’étude fait état d’importantes disparités de genre : ainsi, 26,2% des jeunes femmes bulgares rentrent dans cette catégorie, alors que la part des hommes est de 15,9%. (Iconomist, Svobodna Evropa, Sega)

International

Un seul député bulgare appuie le vote à l’APCE en faveur du rétablissement des droits de la délégation russe

Plamen Hristov, du parti Volonté, est le seul député bulgare à avoir voté en faveur de la ratification des pouvoirs de la délégation russe à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (ACPE). Les quatre autres parlementaires bulgares, qui ont participé au scrutin, se sont abstenus. Aucun membre de la délégation bulgare n’avait pas pris part au vote, lundi dernier, sur la résolution qui a abouti au retour de la Russie au sein de l’APCE après les sanctions adoptées contre elle en 2014, en raison de l’annexion de la Crimée et de la guerre dans le Donbass. (dnevnik.bg)

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe prolonge le processus de dialogue postsuivi avec la Bulgarie

Avec 51 voix pour, 16 contre et 9 abstentions, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté un rapport par lequel le processus de dialogue postsuivi avec la Bulgarie est prolongé d’un an. L’un des deux co-rapporteurs, le député allemand Frank Schwabe, a insisté pour que le dialogue se poursuive, en citant des problèmes dans les domaines de la liberté d’expression, la protection des minorités, la lutte contre la corruption de haut niveau, l’usage de discours de la haine de la part de certains membres du gouvernement et le refus de ratifier la Convention d’Istanbul sur la prévention de la violence contre les femmes. L’autre co-rapporteur, le hongrois Zsolt Németh, a plaidé pour la suppression du dialogue postsuivi, celui-ci s’étant selon lui trop prolongé, et la Bulgarie étant le seul membre de l’Union européenne qui en fait l’objet. (Sega)

Dernière modification : 28/06/2019

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