Vendredi 31 octobre

LA NEGOCIATION

LA NOUVELLE FORMULE : GOUVERNEMENT A DEUX ET MAJORITE A TROIS

Les dernières navettes entre le GERB et les forces parlementaires ont abouti hier à une nouvelle formule de coalition.
Selon cette formule, un gouvernement minoritaire sera formé entre le GERB et le Bloc réformateur qui sera scellé par un accord de coalition. Les partis au pouvoir s’assureront un soutien parlementaire formel de la part d’autres formations politiques à travers la signature d’un programme de gouvernement commun. Pour l’instant, l’allié « sûr » reste le Front patriotique, dont les chefs se sont entretenus hier à nouveau avec l’équipe de négociation du GERB. Toutefois, la condition posée par le Front est que le programme de gouvernement élaboré par le GERB et les réformateurs intègre également des priorités chères au FP.
En outre, le GERB envisage, avec un optimisme qu’il espère communicatif, le ralliement d’autres forces politiques à ce « programme de gouvernement », par exemple ABC. Sans aller jusqu’à chercher une formalisation du soutien du MDL, Ataka ou Bulgarie sans censure, le GERB escompte aussi pouvoir compter sur leur aide « variable » en fonction des sujets traités. Ainsi la seule force d’opposition nette à la 43e Assemblée nationale serait très probablement le PSB, estime Capital Daily.
Le Bloc réformateur, après son refus initial de participer à un gouvernement minoritaire par crainte que celui-ci s’avère trop dépendant du MDL et par conséquent incapable de réaliser les réformes nécessaires, a fini par trouver un terrain d’entente avec le parti de M. Borissov. « Il s’agit d’un schéma très proche d’un gouvernement qui sera bipartite de par sa composition et tripartite de par son soutien parlementaire », a déclaré Radan Kanev du BR.
Le Front patriotique, repoussé un peu dans le coin par la visite et les déclarations du président du PPE Joseph Daul (voir notre revue d’hier), n’a pas caché son amertume. S’insurgeant contre le « comportement de l’Européen Daul qui n’avait même pas fait l’effort de prendre connaissance de notre programme », le co-président du FP Valeri Simeonov n’a pas ménagé non plus ses critiques à l’égard du leader du GERB, M. Borissov, qui « n’a pas eu la dignité que devrait avoir un ancien premier ministre pour dire [à M. Daul] : de quel droit t’en mêles-tu ? de quel droit nous dis-tu avec qui négocier ? ». Toutefois, le Front s’est dit prêt à des compromis. « Nous insistons, avant qu’on parle de gouvernement, pour nous unir autour d’un programme. Nous continuons les négociations sur la mise au point d’un tel programme », a assuré M. Simeonov (cité d’après Capital Daily).
Selon 24 Tchassa, la nouvelle formule, qui vise à garantir au futur gouvernement une majorité parlementaire confortable de 137 voix (GERB, BR, FP et ABC) s’inspire de l’idée qu’il faut s’entendre tout en ménageant les divergences idéologiques de chacun.
Filant la métaphore de la chèvre et du chou, Standart conclut que la nouvelle formule de gouvernement ménage les principes de la droite européenne tout en garantissant une relative stabilité au futur gouvernement. (tous journaux)

LA TERREUR

DES CITOYENS BULGARES COMBATTENT AUX COTES DE DAECH

Vélizar Chalamanov, ministre intérimaire de la défense, a affirmé avoir été informé par des services de renseignements alliés que des citoyens bulgares combattaient aux côtés de l’organisation terroriste Daech (« Etat islamique »). Tout en se disant très préoccupé par l’énorme danger que cette organisation représente, le ministre s’est félicité des efforts faits par la coalition internationale avec en tête les Etats-Unis, pour faire face aux terroristes djihadistes. Le ministre a une nouvelle fois souligné que la Bulgarie, en tant que membre à part entière de l’OTAN et de l’UE, devait, elle aussi, développer ses capacités d’agir dans des situations pareilles.
Il y aurait actuellement parmi les djihadistes en Syrie et en Irak des milliers de combattants étrangers de différents pays. L’ONU a déjà appelé tous les pays à criminaliser la participation de leurs ressortissants dans des organisations extrémistes, ainsi que le recrutement et le financement de personnes tierces dans ce même but. La Bulgarie ne l’a pas encore fait.
Récemment le ministre intérimaire des affaires étrangères, Daniel Mitov, a proposé que des amendements législatifs soient initiés afin que soit criminalisée la présence de citoyens bulgares dans les rangs de l’Etat islamique.
Sega indique aujourd’hui qu’une chaîne de TV kurde avait diffusé hier une vidéo où l’on voyait trois combattants djihadistes raconter comment ils étaient passés par Sofia pour rejoindre les terroristes de Daech. La vidéo datait du 27 septembre dernier. Quelques jours seulement auparavant, les services bulgares du ministère de l’Intérieur avaient arrêté à la frontière bulgare et renvoyé 12 personnes supposées djihadistes.
Dans le même temps, des journaux roumains se sont déjà alarmés sur l’existence de cellules de l’organisation terroriste Daech agissant sur le territoire bulgare. Des spots sont par ailleurs apparus sur Facebook où l’on voit des Roms de Pazardjik avec des T-shirts portant le logo de l’« Etat islamique ».
Des experts de la Commission européenne ont annoncé récemment qu’au moins 2 000 ressortissants européens combattaient aux côtés de Daech en Irak et en Syrie. D’après les services de sécurité, les jeunes djihadistes se dirigeaient vers la Syrie via Istanbul. Amnesty International a pour sa part accusé les combattants de cette organisation d’effectuer systématiquement un nettoyage ethnique en Irak. Le Conseil des nations uniesdes droits de l’homme a ordonné qu’une mission extraordinaire y soit dépêchée pour enquêter sur des crimes contre l’humanité. (Sega, Pressa, 24 Tchassa, Mediapool, Dariknews)

LA PENURIE

CONFRONTEE A UNE BAISSE DE LIVRAISON DE SON FOURNISSEUR, BULGARGAZ RATIONNE SES CLIENTS

Depuis le début de la semaine, l’approvisionnement en gaz russe pour la Bulgarie a chuté de 40%, sans que le fournisseur public Bulgargaz en ait été averti par la partie russe, a annoncé la directrice exécutive de cette société Dafinka Yankova sur la radio nationale (BNR).
Pour faire face à la situation dans l’immédiat, BulgargaZ réduira de moitié les quantités de gaz fournies aux entreprises de chauffage urbain débitrices.
La vice-premier ministre Ekaterina Zakharieva avait été la première à annoncer dès mardi dernier, sans pour autant donner des chiffres, qu’une chute de pression avait été constatée dans les livraisons de gaz russe entraînant une réduction des quantités acheminées vers la Bulgarie.
Selon Bulgargaz, l’approvisionnement réduit presque de moitié sera compensé par les quantités stockées au site de stockage de gaz à Tchiren, qui peuvent couvrir les besoins en gaz du pays pour 14 jours. Toutefois, par précaution, l’entreprise publique a décidé de limiter la consommation de certains de ses plus grands débiteurs à partir du 1er novembre. Parmi les sociétés municipales de chauffage urbain les plus endettées figurent, en premier lieu, celles à Pernik et Roussé, mais aussi celles à Sofia, Pleven, Bourgas et Vratsa.
Jeudi, le vice-président de la Chambre des énergéticiens bulgares, Valentin Terziiski, avait souligné que les industriels seraient les plus affectés par cette mesure, notamment ceux des secteurs de la métallurgie, de la chimie et de la verrerie.
Par ailleurs, la presse d’aujourd’hui informe que la Commission européenne a approuvé une enveloppe de 4 millions d’euros pour cinq projets bulgares majeurs relevant du secteur de l’énergie. Seront financés les études de projet pour la construction d’une interconnexion gazière entre la Bulgarie et la Turquie, d’une centrale hydraulique au barrage de Yadenitsa (faisant partie du complexe hydroélectrique de Belmeken-Sestrimo-Tchaïra) et de lignes de transport d’énergie électrique entre la centrale thermique Maritsa-Iztok et différentes parties de la Bulgarie. (mediapool.bg, Monitor, Capital Daily)

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Dernière modification : 31/10/2014

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