Vendredi 4 juillet

LE CONGÉ

PLAMEN ORECHARSKI : LA MEILLEURE DATE POUR UNE DEMISSION SERAIT LE 23 JUILLET

Dans une interview accordée à la bTV, le premier ministre Plamen Orecharski, dont la démission est périodiquement demandée dès le début de son mandat, a avancé pour la première fois une date possible de son retrait du pouvoir.
Selon le chef du gouvernement, le moment le plus opportun serait la semaine du 21 au 25 juillet. Mais comme la réouverture de la banque KTB est prévue pour le 21 juillet, le gouvernement doit être au rendez-vous pour tenir un engagement particulièrement important. Ainsi la date la plus probable de la démission du gouvernement serait le 23 juillet, jeudi (cité d’après Capital Daily). C’est aussi la date à laquelle, il y a un an, au plus fort des manifestations antigouvernementales, le parlement s’était trouvé encerclé par les protestataires. Les députés, à bord d’un autocar blanc, cherchant à se frayer un chemin, s’étaient fait attaquer avec des pierres.
« En un an, nous avons entrepris suffisamment de mesures de stabilisation, mais la chose la plus importante que nous n’avons pas pu faire, c’est de réformer le système de financement des hôpitaux », a déclaré M. Orecharski. Selon lui, cette réforme, une des plus difficiles à réaliser, n’a pas reçu suffisamment de soutien politique. C’est aussi la raison pour laquelle aucun des gouvernements précédents ne l’a accomplie.
Concernant la crise bancaire, le premier ministre a qualifié d’« adéquate » la réaction du gouvernement tout en rappelant que c’est la banque centrale qui est responsable des banques et non les ministres. « La situation des deux banques était différente. Dans le cas de la KTB, la BNB était prise au dépourvu […], les gestionnaires de la banque lui notifiant qu’ils n’avaient plus de liquidité après avoir soutenu le contraire peu de temps avant », a souligné M. Orecharski.
Dans le cas de la Fibank, la BNB avait pris les devants en contactant le gouvernement. « Samedi matin, dans mon bureau, nous avons examiné avec la direction de la BNB et le ministre des finances un large spectre d’options. […] Nous avons mis sur pied un plan d’urgence, nous avons informé la Commission européenne qui a garanti la liquidité dès dimanche soir. […] Les résultats de ces derniers jours montrent que nous avons touché juste ».
Selon M. Orecharski, ce « stress test » pour le système bancaire a démontré que celui-ci se porte bien, qu’il est stable et performant.
Interrogé si des entreprises publiques avaient retiré des montants importants de la KTB avant qu’elle n’annonce le manque de liquidité, M. Orecharski a estimé qu’il n’y avait pas de raison pour que les directeurs d’entreprises publiques, censés veiller aux actifs qui leur sont confiés, agissent autrement que de simples déposants. Le ministre de l’économie, a-t-il ajouté, a même dissuadé d’autres entreprises publiques de retirer leur argent de la KTB (cité d’après Mediapool).
Les candidatures bulgares à la nouvelle Commission européenne n’ont pas encore été examinées, a relevé M. Orecharski : « Lors de la réunion chez le président de la République, il a été décidé de mettre au point des critères et de tenir des consultations auront lieu entre les différents partis pour désigner le futur commissaire européen parce que plusieurs gouvernements auront à travailler avec lui », a-t-il conclu. (tous journaux, mediapool.bg)

LE TUYAU

LA BULGARIE N’ETUDIE PAS LA POSSIBILITE DE NE PAS CONSTRUIRE SOUTH STREAM

Il est possible que la société TsentrGaz, filiale de Gazprom, se substitue à Stroïtransgaz, informe le média russe Vedomosti se référant à ses propres sources. Cinq sociétés bulgares sont associées à Stroïtransgaz pour la construction du tronçon bulgare du gazoduc South Stream au sein de Stroïtransgaz Consortium.
Cette restructuration au sein du consortium devrait permettre de faire face aux réserves de l’UE à l’égard de l’actionnaire majoritaire de Stroïtransgaz, Guenadiï Timtchenko, visé par les sanctions américaines, précise le quotidien russe qui rappelle les remarques de la Commission européenne adressées à la Bulgarie à cause de la façon dont la procédure du choix du constructeur s’était déroulée.
La presse bulgare commente diversement ce changement qui affecterait la Holding énergétique bulgare (BEH), partenaire de Gazprom au sein de la société South Stream – Bulgarie (maître d’ouvrage du projet South Stream pour la Bulgarie). Selon Capital Daily, le BEH en aurait reçu notification. Les autres quotidiens se bornent à relever que la BEH et le ministère de l’économie et de l’énergie se refusent à tout commentaire.
La presse bulgare rappelle que les travaux de construction devraient commencer au début du mois de juillet conformément aux plans malgré le « gel » du projet, déclaré par le Premier ministre il y a quelques semaines.
« La Bulgarie n’étudie pas la possibilité de ne pas construire South Stream », a confirmé hier le ministre des affaires étrangères Kristian Viguenine lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue serbe Ivica Dačić à Belgrade où il était en visite officielle. « C’est un projet important et lié à la sécurité énergétique non seulement des pays que le gazoduc traversera mais également de toute l’Europe du Sud-Est », a expliqué le ministre Viguenine. Il a espéré que les travaux sur South Stream reprendront prochainement en Bulgarie par l’effet du « dialogue constructif » que le pays mène avec la Commission européenne. (tous journaux)

L’ANALYSE

LE JOUR QUI A PRECEDE LA CRISE BANCAIRE

La « mini- » crise bancaire est finie et il est temps de se poser la question : qui a gagné et qui a perdu, écrit le site Club Z.
« Il est clair que les perdants, ce sont les gens qui, pris de panique, ont retiré leurs dépôts. Le prix de leur peur, ce sont les intérêts perdus et les pénalités qu’ils ont dû payer pour le retrait avant terme de leurs avoirs », souligne le journaliste. D’autres, qui n’ont pas pu retirer leur épargne, toucheront désormais un taux d’intérêt réduit après la décision de la banque centrale de réduire d’office la rentabilité annuelle sur les dépôts bancaires. La KTB était la banque qui offraient aux épargnants les taux d’intérêts les plus importants, allant jusqu’à 8,25% par an.
Mais la crise bancaire a eu également un effet sérieux sur le marché des capitaux en Bulgarie parce que de grandes entreprises de qualité, cotées en bourse (les « blue chips ») y ont été impliquées.
Si l’on revient en arrière, on peut constater que le plus grand effondrement sur la Bourse bulgare des valeurs a été enregistré le 26 juin, jeudi. A cette date, le principal indice boursier SOFIX (déterminé à partir des cours d’actions des plus grandes entreprises, dont Bulgartabac, First Investment Bank, la Banque coopérative centrale, etc.) a chuté de 4,63%. Le lendemain, vendredi, une nouvelle baisse de 0,73% était enregistrée, l’indice atteignant ainsi sa valeur la plus basse depuis le 8 janvier dernier.
Pour l’indice BGBX40, le tableau était identique : une baisse de 4,69% et 1,06% était enregistrée les 26 et 27 juin.
Il est donc incontestable, souligne l’auteur, que la chute la plus importante des cours des actions a eu lieu jeudi, 26 juin, et non vendredi, 27 juin, lorsque les grandes files d’attente sont apparues devant la First Investment Bank (Fibank). La bourse a présagé la crise. S’il y a eu des rumeurs, elles se sont propagées très vite.
Plus loin, l’auteur passe en revue la baisse importante des cours des actions des « principaux protagonistes », défrayant la chronique ces derniers temps dans le contexte du conflit Peevski-Vassilev.
Bulgartabac Holding, devenue la pomme de discorde entre le député Delian Peevski et le propriétaire majoritaire de la KTB, Tsvetan Vassilev : en mai et début juin, ses actions se négociaient autour de 95 leva. Le 16 juin, date de la conférence de presse donnée par la direction de la KTB (voir notre revue du 17 juin), le cours est tombé à 78 leva pour atteindre 47,78 leva le 26 juin. Le 30 juin, après le communiqué publié par la Banque nationale de Bulgarie (BNB), qui a joué le rôle d’un signal de « fin d’alerte », les actions de Bulgartabac ont progressé de 26,62% pour atteindre 72 leva.
KTB : avant le 18 juin, les actions de la banque étaient négociées au prix de 90 leva environ. Le 20 juin, date de la mise sous surveillance spéciale de la banque et de suspension de sa cotation en bourse, le dernier cours enregistré était de 78 leva.
Fibank : en mai-juin, ses actions se négociaient dans la fourchette de 4,25 à 4,10 leva. Le 20 juin, était enregistrée la première baisse importante : le cours tombait à 3,76 leva probablement à la suite de la mise sous tutelle de la KTB. Après avoir légèrement grimpé les jours suivants, le cours a de nouveau chuté jeudi, 26 juin, pour atteindre 3,74 leva. Mais la chute la plus spectaculaire (24,14%) a eu lieu le lendemain avec un cours à 2,84 leva. Le 30 juin les actions ont de nouveau grimpé pour atteindre 3,60 leva. (clubz.bg)

Word - 179.2 ko
(Word - 179.2 ko)

Dernière modification : 04/07/2014

Haut de page