Vendredi 6 mars

LE PROFIL

LA FUTURE MINISTRE DE L’INTERIEUR, TRES PROCHE DE BOIKO BORISSOV, RECUEILLE L’ASSENTIMENT DE LA COALITION

L’idée du premier ministre Boïko Borissov de proposer la vice-premier ministre Roumiana Batchvarova au poste de ministre de l’intérieur (voir notre revue d’hier) semble rencontrer un bon accueil auprès des partenaires de coalition du GERB.
Radan Kanev (BR) s’est dit satisfait du fait que c’est une femme qui dirigera le ministère et que M. Borissov tienne sa promesse de désigner une personne vierge de tout soupçon de collaboration avec le MDL.
Selon des députés d’ABC et du Front patriotique, la candidature-surprise de Mme Batchvarova est bienvenue et leurs groupes vont la soutenir.
24 Tchassa loue le côté professionnel et ouvert au dialogue de Mme Batchvarova, son expérience et la confiance dont elle jouit auprès des partis de la coalition.
Pressa dresse son portrait. Après des études de sociologie, le parcours professionnel de la future ministre de l’intérieur passe par la radio nationale où elle reste pendant dix ans (1985-1995) à la tête du service d’analyse des programmes radiophoniques. En 1995, elle participe au lancement d’une nouvelle agence sociologique, Market Links, dont elle devient la directrice exécutive en 2001. En mars 2006, dans une interview pour l’hebdomadaire Capital, elle décrit le comportement politique de Boïko Borissov (alors maire de Sofia et futur fondateur du parti GERB) comme le « modèle du pompier » : « Le service anti-incendie est une institution qui agit rapidement et efficacement et qui résout de façon radicale le problème qui s’est déclaré sans tenir compte des conséquences de l’extinction de l’incendie. Par hasard ou non, Boïko Borissov reproduit ce modèle pratique comme un modèle politique ».
En 2009, la sociologue accepte l’invitation de Boïko Borissov, devenu premier ministre, de se mettre à la tête de son cabinet. C’est le début d’une carrière politique prometteuse.
« Le modèle politique de Batchvarova est différent », écrit Pressa. « Elle est économe de ses mots. Mais précise. Elle conçoit ses réactions à la manière d’un joueur d’échecs. Elle a du tact diplomatique […] et ne sait pas mentir. Ses vues de droite et sa loyauté ont été visiblement appréciées par M. Borissov qui a fait d’elle, au début de 2014, un membre de la direction du GERB ». En octobre, elle est devenue tête de liste dans une des circonscriptions de Sofia. Un mois plus tard, elle entre au gouvernement comme vice-premier ministre – poste qu’elle conservera et auquel elle ajoutera la supervision des questions de sécurité.
Selon Pressa, en proposant la candidature de Mme Batchvarova, le premier ministre a réussi un coup de maître : il a désarmé à la fois ses partenaires et ses adversaires. Il reste à savoir si c’est lui qui s’apprête à tenir les rênes du ministère de l’intérieur. (tous journaux)

LA PETITION

SERGUEI STANICHEV LANCE LA CAMPAGNE NATIONALE « LA BULGARIE DANS SCHENGEN »

Sergueï Stanichev, eurodéputé et président du Parti des socialistes européens, a lancé hier une campagne nationale visant à accélérer l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen. Organisée sur son initiative et intitulée « La Bulgarie dans Schengen. Il est temps ! », elle a l’ambition de « faire reconnaître à la Bulgarie, comme l’exigent l’équité et les règles de l’EU, le droit d’appartenir à l’espace de libre déplacement, sans contrôles aux frontières ». La cérémonie de lancement organisée au musée d’archéologie à Sofia a réuni la vice-premier ministre Meglena Kouneva, le ministre de la justice Khristo Ivanov, le ministre de la culture Vejdi Rachidov, des députés anciens et actuels du PSB, des personnalités de la culture, des lettres et des sciences, de nombreux journalistes.
« La Bulgarie a rempli les conditions d’adhésion à Schengen et cela a été déclaré de façon catégorique par la Commission européenne et par le Parlement européen », a souligné M. Stanichev. « Il n’y a aucune logique à maintenir la Bulgarie et la Roumanie à l’écart de cet espace. Il y va du sens de l’équité et de l’esprit de cohérence de l’UE. Comme c’est une union soumise à des règles, les conditions remplies par l’une des parties devraient appeler de façon réciproque un acte de la part de l’autre partie », a-t-il ajouté.
Selon M. Stanichev, le thème de Schengen est aussi celui de la confiance en soi des Bulgares en tant que nation, de ce qu’ils donnent et de ce qu’ils reçoivent en tant que membres de l’UE. La campagne est soutenue par le premier ministre Boïko Borissov qui envisage de s’y joindra au moment opportun. Mais c’est une cause nationale autour de laquelle doivent se souder tous les citoyens. Les seuls efforts des politiciens et des institutions ne suffisent pas, a-t-il conclu.
Meglena Kouneva a souligné pour sa part que la Bulgarie est dans son bon droit en revendiquant son entrée immédiate dans l’espace Schengen. Quatre Etats membres retardent l’adhésion du pays et la mise en œuvre de la stratégie de réforme judiciaire sera un pas de plus vers Schengen, a-t-elle indiqué.
L’inauguration de la campagne a été suivie par le lancement d’une pétition-déclaration en soutien de la cause « la Bulgarie dans Schengen ». L’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen est désormais une question de justice historique et morale. Les Bulgares ne sont pas des Européens de seconde zone, y lit-on.
La campagne sera promue par un clip vidéo traduit en français et en anglais qui sera diffusé dans les Etats membres de l’UE. (Douma, 24 Chassa, Pressa, Standard)

LA VISITE

LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU CENTRE DE LA VISITE A SOFIA DU DIRECTEUR DU FBI

A l’initiative de Vladimir Pissantchev, président de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS), le directeur du bureau fédéral d’investigation américain (FBI), James Comey, s’est rendu le 4 mars en Bulgarie.
Selon le communiqué officiel de l’ambassade des Etats-Unis, cette visite a été organisée, à l’invitation de Vladimir Pissantchev, président de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS). M. Comey a rencontré à tour de rôle le premier ministre Borissov, le procureur général Tsatsarov et le président de la DANS avec qui il a déjeuné.
« Un entretien avec le ministre de la justice n’a pas été prévu bien que le FBI soit une partie intégrante du système de justice des Etats-Unis », s’est étonnée Tsveta Markova, ancienne présidente de la Commission d’Etat pour la sécurité de l’information, selon qui on n’apprendra jamais les vraies raisons de la visite.
En revanche, « le rôle du procureur général est intéressant dans le cadre de cette visite » et signifie peut-être qu’on comptera sur le parquet pour les missions de justice et de contre-espionnage », a-t-elle estimé. « Il est possible qu’ils aient échangé au sujet de l’affaire des « Vers » compte tenu du fait qu’en 2004 M. Comey avait refusé à l’administration du président George Bush d’autoriser l’interception des communications électroniques sans l’approbation d’un juge », spécule Mme Markova, tout en précisant que les deux systèmes de justice américain et bulgare sont très différents et que par conséquent la transposition de toute bonne pratique serait difficile.
Selon les informations officielles, la lutte contre le terrorisme, la répression de la corruption, l’adoption d’une législation antiterroriste et la possibilité d’initier les procureurs bulgares aux techniques américaines de lutte contre le terrorisme ont été au cœur de l’entretien avec le procureur général.
« Le directeur Comey est venu à Sofia pour qu’on discute du partenariat entre le FBI et le gouvernement bulgare dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité et la criminalité organisée. Il a promis d’apporter son soutien à la Bulgarie dans la lutte contre la corruption en vue de l’affirmation de l’Etat de droit », dit le communiqué officiel de la DANS. L’accent a été mis sur la nécessité de renforcer l’échange d’informations relatives aux déplacements des combattants étrangers en provenance et à destination des zones de conflits au Proche-Orient.
Pour sa part, M. Comey s’est félicité d’être sur la même longueur d’ondes que le premier ministre Borissov. Il a exprimé sa conviction que les liens avec la Bulgarie se renforceraient encore et qu’il envisageait de revenir à plusieurs reprises dans le pays. La conférence de presse au Conseil des ministres s’est limitée aux déclarations officielles et aucun journaliste n’a eu la possibilité de poser des questions.
Sega souligne dans un long article qu’il consacre à la visite de M. Comey que c’est le troisième directeur du FBI (ses prédécesseurs étaient venus en 2001 et 2011) qui se rend en Bulgarie en l’espace de quatorze ans et conclut : « il est clair que la Bulgarie est importante tant pour la Russie que pour les Etats-Unis et il lui sera difficile d’échapper au piège de la guerre froide entre ces deux grandes puissances. » (Bulgarie on air, Sega)

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Dernière modification : 06/03/2015

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