Vendredi 7 février

Politique

Le CSM demande aux Etats-Unis et aux institutions bulgares des preuves avant de se prononcer sur le juge bulgare accusé de corruption

Le collège des juges auprès du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), s’est réuni hier en réunion extraordinaire pour examiner la déclaration faite par le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo de sanctions imposées à Andon Mitalov, juge au du Tribunal pénal spécialisé, pour des actes de corruption « compromettant l’indépendance des institutions démocratiques et mettant en danger l’Etat de droit ». A l’unanimité, les magistrats ont décidé de demander à la partie américaine, via le ministère bulgare des Affaires étrangères, de leur communiquer l’information sur laquelle se fonde cette décision. A l’initiative du président de la Cour suprême de cassation Lozan Panov, des données éventuelles incriminant le juge Mitalov seront demandées à l’Inspection judiciaire auprès du CSM, au Parquet et à la Commission de lutte contre la corruption. Selon le président du CSM Boyan Magdalintchev, le juge bulgare sanctionné par Washington reste pour le CSM « innocent jusqu’à preuve du contraire » (bTV).

Entretemps, la présidente du Tribunal pénal spécialisé Marieta Raïkova n’a pas caché à la presse sa perplexité devant les sanctions imposées par le Département d’Etat américain à Andon Mitalov, qui « jouit d’une extrêmement bonne réputation auprès de ses collègues » et contre qui il n’y a jamais eu de signalements de corruption jusqu’à présent.
« C’est lors d’un procès, après une enquête, qu’on déclare si une personne est coupable ou innocente », a indiqué Mme Raïkova.

« La démarche américaine ne va pas à l’encontre des intérêts bulgares, au contraire », a commenté Ekaterina Zaharieva, vice-première ministre chargée de la justice et ministre des affaires étrangères. « Si les autorités américaines ont annoncé ce nom, cela signifie qu’elles disposaient de suffisamment d’éléments pour le faire. Maintenant, c’est au tour des autorités bulgares », a-t-elle indiqué.

Le premier ministre Borissov a relevé qu’il n’a pas du tout été surpris par l’annonce du nom du juge Mitalov, car ce nom avait été déjà mentionné lors de son entretien avec le président américain Donald Trump en novembre dernier. Puis M. Borissov s’est refusé à tout commentaire, mettant en avant son principe de ne pas commenter des choses relevant de l’autorité judiciaire.

Le commentaire du président de la République au sujet de sa possible destitution

Le Président de la République, Roumen Radev a commenté les propos récents de certains membres du parti politique GERB, qui ont sous-entendu la possibilité d’engager une procédure de destitution : « La destitution ne remplira ni les barrages, ni les frigidaires des bulgares, elle n’augmentera pas non plus les retraites ». Selon lui, sa destitution pourrait « inciter les gens à descendre dans les rues, pour ne remplir rien d’autre que les places publiques et mener finalement à l’anéantissement entier de l’Etat ». Un jour plus tard la commission exécutive du GERB a annoncé que le parti ne soutiendrait pas l’ouverture d’une telle procédure, quelle que soit la décision de la Cour constitutionnelle. (Svobodna Evropa, Dnevnik)

Justice

Le procureur général ouvre une nouvelle enquête au PPF « Kalotina »

Environ 30 agents travaillant auprès des douanes et des postes de passage frontaliers ont été arrêtés, lors de la dernière opération conjointe entre la police et le parquet au poste de contrôle frontalier « Kalotina ». Le directeur du PPF a lui aussi été interpellé, a souligné le procureur général, Ivan Gueshev. Ce dernier a évoqué une association de malfaiteurs à grande échelle, impliquée dans des actes de corruption (pots-de-vin). Le procureur a rappelé, une fois de plus, son engagement à poursuivre toux ceux qui ont enfreint la loi, quelque soit leur titre, ou leur statut social. (Svobodna Evropa, BNR).

Médias

Nouveaux changements à la tête de Nova TV

Iva Stoyanova, cadre de longue date de la télévision Kanal 3, devient co-gérante de la Nova TV à la place de Vyara Ankova, qui elle devient vice-présidente du conseil d’administration de la société Advance Media Group. Dnevnik rappelle que Mme Stoyanova était propriétaire, gérante et directrice de programme au sein de Kanal 3, une chaîne « liée au député du MDL Délyan Peevski ». En décembre dernier, elle avait été nommée directrice du département de l’Information au sein de Nova TV. Deutsche Welle écrit que « la vitesse avec laquelle des cadres de Kanal 3 ont été placés à des postes de responsabilité à Nova est directement proportionnelle aux départs de journalistes et de professionnels connus ». (tous médias)

Énergie

Des organisations patronales se prononcent contre le « sauvetage » de la centrale thermique Maritsa-Iztok 2

Dans une lettre adressée au premier ministre, au vice-premier ministre, Tomislav Dontchev, et à la ministre de l’Énergie, Téménoujka Petkova, l’Association des organisations des employeurs bulgares (AOBR) s’oppose au « sauvetage » de la centrale thermique Maritsa-Iztok 2. Cette lettre a été provoquée par deux ordonnances de la ministre de l’Énergie en 2019 et 2020, ainsi que par une décision du parlement en date de vendredi dernier. Cette dernière oblige le gouvernement à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour garantir le fonctionnement normal de la centrale, y compris l’augmentation de son capital, indépendamment de la position de la Commission européenne sur ce sujet. Selon l’AOBR, il s’agit de pratiques non-commerciales, qui seront payées in fine par les consommateurs, tandis que la centrale continuera d’opérer de manière inefficace. L’AOBR menace d’alerter la Commission européenne.

La récente décision du parlement oblige également le gouvernement à garantir le fonctionnement dans le long terme des centrales thermiques appartenant au Holding bulgare d’énergie, et à prendre des mesures en vue de l’adhésion de la Bulgarie à la plateforme européenne des régions en transition charbonnière, sans s’engager à fermer ses centrales à charbon. (tous médias)

Europe

Le taux de change fixe BGN/Euro n’a pas été inscrit dans la loi sur la BNB

Lors de l’entrée de la Bulgarie dans le mécanisme de taux de change européen ERM 2, le cours du lev vis à-vis de l’euro ne sera plus fixé par la loi. Hier, le parlement a adopté en seconde lecture des amendements en ce sens à la Loi sur la Banque nationale de Bulgarie. Selon les nouvelles dispositions, passées sans le moindre débat (91 voix « pour », 36 « contre »), d’autres Etats membres peuvent demander à la Bulgarie de modifier son taux de change. Dans le même temps, une résolution, adoptée la semaine dernière par les députés, contraint le gouvernement à ne mener des négociations d’adhésion à la zone euro (deux ans après l’entrée dans l’ERM 2) que sur la base du taux de change actuel fixé à 1,985583 BGN/Euro.

Le PM Borissov : « Le pacte vert est un grand problème pour la Bulgarie »

« Le pacte vert est un grand problème pour la Bulgarie. 60% de l’électricité vient des centrales à charbon », a commenté le premier-ministre, Boïko Borissov, à l’issue de son entretien à Bruxelles avec les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen, Charles Michel. « Ce qui est inquiétant c’est qu’ils disent "Vous avez 14 milliards d’euros, vous pouvez régler votre énergie avec ça". Oui, mais nous leur avons immédiatement répondu que cet argent est destiné aussi à l’infrastructure, aux PME, à la compétitivité, à l’éducation et à tout le reste. C’est ça notre principal point litigieux », a-t-il ajouté. (tous médias)

Dernière modification : 07/02/2020

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