Vendredi 4 septembre

Politique

Le Président de la République s’adresse au peuple bulgare après la journée de protestations intenses du 2 septembre

« Les protestations sont la seule action civile possible et justifiable contre la capture de la démocratie en Bulgarie. Il est de notre devoir commun de s’opposer à la violence, à la répression et au non-respect de la loi. La démission immédiate et irrévocable du gouvernement est la seule issue de la crise » a déclaré hier soir le Président de la République, Roumen Radev, lors de son intervention officielle transmise en direct à la télévision. « Les actions de la majorité au pouvoir secouent non seulement la paix civile, mais elles approfondissent la crise et font de la Bulgarie un otage de sa propre survie politique. Voilà pourquoi j’appelle les manifestants et les forces de l’ordre à rester calmes, et à refuser d’être impliqués dans cette mise en scène, qui ne vise qu’à garantir la survie du pouvoir, compromis par la corruption et de la violence ». Le Chef de l’État a ajouté que « lors des protestations, le pouvoir a organisé des provocations qui ont donné lieu à une violence policière disproportionnée, et en masse, à l’égard des manifestants et des journalistes. Il a finalement qualifié la nouvelle Constitution proposée par le GERB de « ridicule, mais appropriée afin de conserver le status quo » (Dnevnik)

International

Réactions depuis l’étranger aux manifestations en Bulgarie

Suite aux violences lors des manifestations anticorruption d’il y a deux jours, plusieurs députés européens ont réagi en défense des citoyens bulgares présents.

La commissaire aux droits de l’homme auprès du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, a exprimé des préoccupations à propos des violences policières à Sofia : « la violence à l’égard des journalistes, surtout quand ils sont interpellés par les agents des autorités publiques, va à l’encontre de l’obligation des États de protéger la liberté de la presse et d’assurer la sécurité des journalistes. Voilà pourquoi j’appelle les autorités bulgares à mener efficacement une enquête sur les cas d’agression contre les journalistes, et à punir leurs auteurs membres des forces de police, pour leur comportement inacceptable. Il est important de donner des instructions claires aux policiers s’agissant du respect de la liberté de la presse, et de permettre aux journalistes et aux médias professionnels de couvrir les manifestations dans la sécurité ».

Le porte-parole de la Commission européenne pour les questions d’État de droit et de Justice, Christian Wigand, a déclaré hier : « Les manifestations pacifiques représentent un droit fondamental du peuple de chaque pays démocratique. Nous soutenons le droit à des manifestations pacifiques ». Il a néanmoins avertit que « Tout usage de force doit être proportionnel à la menace à laquelle les forces de l’ordre sont exposées »

Entre-temps, dans une interview pour le journal « Politico » repris par Dnevnik, le député allemand de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), Gunther Krichbaum affime « qu’il est clair qu’on doit parler sérieusement avec le gouvernement de Boïko Borissov (…). C’est inacceptable. L’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne est liée à des engagements (…) et les citoyens bulgares se sentent leurrés par les promesses des avantages de l’adhésion à l’UE ».

Enfin, la vice-présidente du Parlement européen, Katarina Barley, a accusé le gouvernement bulgare d’avoir propagé des fausses nouvelles (fake news). Mme Barley, membre de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE), a participé au débat portant sur le nouveau mécanisme de suivi de l’État de droit qui doit englober tous les États-membres de l’UE. Elle a déclaré que le gouvernement bulgare a publié « une information complètement mensongère quant aux sujets qui ont été traités, en fait une fausse nouvelle ». Elle a affirmé que « la réunion a soulevé des préoccupations, non seulement quant à son contenu, mais aussi quant à la réaction du gouvernement bulgare » (tous médias).

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 09/09/2020

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